On lisait quoi avant ? L’histoire de la presse féminine

Quand on dit “presse féminine”, on a tendance à penser aux articles de Femme Actuelle et aux couvertures de Gala. On se rappelle de ces recettes découpées dans Elle et rangées dans un cahier et des conseils mode qui s’étalent sur le papier glacé de Grazia.

Aujourd’hui, la presse féminine couvre une multitude de thématiques qui nous touchent directement et trouvent écho dans notre vie quotidienne. Pourtant, la presse féminine n’a pas toujours traité de sujets de la vie quotidienne. Si on retraçait son histoire ensemble ? 

La presse féminine élitiste du XVIIIe siècle

Le XVIIIe siècle n’est pas réputé pour son égalité des sexes… À cette époque, les femmes possèdent relativement peu de droit et en ont assez de la domination masculine. Elles cherchent une échappatoire, une manière de s’unir. Une idée éclot alors : créer une presse féminine. Oui mais voilà, seules les femmes cultivées et aisées y ont accès. Et autant dire que ce n’est pas la majorité de la population. Les journaux publiés sont donc élitistes, les articles traitant de mode, littérature et beauté.

La donne change après la Révolution française. Allons femmes de la patrie, émancipons-nous ! Les femmes commencent à lutter pour leur indépendance et le mouvement féministe s’empare de la presse pour publier des journaux défendant leurs droits. L’intérêt pour la presse grandit : elle devient une aide à la revendication de l’égalité hommes / femmes et engendre un regain de solidarité entre femmes. La presse féminine se répartit alors en 2 mouvements : les périodiques mondains et les journaux féministes. 

Le XIXe siècle : entre presse féminine et féministe 

Sous la IIIe République, les femmes acquièrent de nouveaux droits leur donnant plus de libertés. Combinés au mouvement féministe d’émancipation et à la loi de 1870 sur la liberté de la presse, les périodiques féminins se développent et gagnent de l’importance. On assiste à l’apparition d’une nouvelle presse féminine, visant une classe sociale plus populaire. La presse se divise alors en deux courants : la presse féminine et la presse féministe.

La presse féminine comprend la presse mondaine et la presse populaire. La presse mondaine se distingue par ses journaux centrés sur la mode. Ils restent dans la lignée des périodiques du siècle précédent et sont réservés à une classe aisée. La presse populaire vise un public différent et s’adresse aux mères de famille, maîtresses de maison et jeunes femmes. Son contenu est utile, pratique et ludique : on se concentre sur des sujets de la vie de tous les jours.

À l’opposé, les journaux féministes se caractérisent par leurs titres choc et leurs articles militants pour l’affranchissement des femmes. Le but est :

  • de dénoncer les inégalités hommes / femmes qui persistent toujours
  • d’aborder des sujets encore tabous comme la sexualité
  • d’agir comme un relai pour les revendications féministes
  • de permettre aux syndicats féministes de diffuser leurs idées

Grâce à cette distinction entre féminin et féministe, les journaux féminins vont se moderniser.

Le début de la presse féminine moderne au XIXe siècle

Et oui, le XIXe siècle est signe de renouveau. Le journalisme féminin moderne fait son apparition, porté par la figure de Marguerite Durand, chroniqueuse au Figaro et créatrice du quotidien féminin La Fronde. Dans ce journal, on parle économie, politique, féminisme. Puis l’essor de l’industrie cosmétique dans les années 1920 fait émerger les magazines beauté. La mode va devenir accessible à toutes les classes sociales et se retrouvera dans les journaux populaires. En résumé, la presse évolue pour le meilleur...

Et pour le pire. La Seconde Guerre mondiale va malheureusement rebattre les cartes. Les journaux féminins seront censurés voire interdits. Beaucoup vont disparaître, d’autres vont alléger leur formule et certains vont s’adapter au contexte de guerre en proposant des solutions pour gérer les pénuries. À la fin de la guerre, les femmes se réapproprient la presse féminine pour continuer d’encourager les démarches d’émancipation. 

Et enfin on y arrive : les femmes deviennent indépendantes dans les années 60 ! Conséquence directe : elles ne se retrouvent plus dans la presse féminine traditionnelle. Elles ne veulent plus être associées à la ménagère mais à la femme indépendante. Les ventes chutent et la situation empire après 1968. Les femmes se rallient aux mouvements de contestation et délaissent une presse féminine n’ayant pas su s’adapter à l’amélioration du statut de la femme. Les journaux vont donc devoir revoir leur formule pour ne pas finir aux oubliettes…

C’est comme ça qu’un nouveau modèle de presse féminine va naître dans les années 80. À mi-chemin entre féminité et féminisme, les journaux et magazines vont proposer du contenu toujours plus actuel et pratique. Les articles vont se diversifier et traiter de sujets tabous, de nouvelles rubriques vont apparaître et certains magazines vont même se spécialiser (santé, mode, bien-être, etc.). C’est la naissance de la presse féminine actuelle, celle qu’on lit pour s’informer tout en se détendant.

 La presse féminine a connu de grandes évolutions dans son histoire. Aujourd’hui, on aime la lire pour ses sujets variés et actuels, parfois sérieux, parfois légers. Et vous, quel est votre journal féminin favori et pourquoi ? On adorerait savoir ce que vous lisez, alors n’hésitez pas à nous laisser un commentaire.

On vous embrasse !

L’équipe Louise et Lou

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